Un grand coup de balai et Le berceau de l’homme.

Que faire avec ce livre à double face ?
Parler de la grade pauvreté, des SDF, de ce que les enfants pensent des causes de tout cela. Leur demander s’ils ont des propositions à faire, s’il leur est déjà arrivé de donner, et quoi, s’ils se sentent mal à l’aise, et pourquoi à leur avis ? Si les SDF leur font peur, et pourquoi ?
Imaginer le récit que pourrait faire un jeune SDF de ce qui lui est arrivé dans sa vie pour qu’il en soit là.
Imaginer aussi ce qu’il pense de sa situation, ce qu’il voit, ce qu’il entend ( bruits et paroles autour de lui) ce qu’il ne peut manger et qu’il rêverait de manger, ce qu’il n’a pas et rêverait d’avoir, ce qu’il peut toucher, ce qu’il rêverait de toucher et dont il est éloigné.
Faire une sorte de catalogue de tous les objets usuels, qu’on a à disposition chez soi, et que le SDF n’a pas. En faire un tri, ne garder que le strict nécessaire, pour voir ce qui manque REELLEMENT à celui qui est dehors. De concret, ET d’abstrait.
Inventer un lieu où le SDF pourrait s’abriter, y mettre du vrai ET des trucs magiques, féériques.

 

A quoi tu joues le loup ?

Que faire, avec cet album ?

Dire de quoi on a peur, la nuit. Quel cauchemard on fait, récurrent.  Quel beau rêve aussi on a envie de faire.
Les dessiner, et-ou- avec des collages pour un tableau proche des surréalistes.
Détourner un rêve : on commence par raconter son vrai rêve, et puis, on se pose une question : – et si ?
Et si, au lieu de penser que cet enfant qui m’approchait c’était pour me piquer ma pelle  et mon rateau, c’était au contraire pour jouer avec moi à construire un château ?
Et si… au lieu de penser que la voiture qui fonçait vers moi c’était pour m’écraser, c’était parce que dedans, il y avait un roi qui m’apportait un magnifique cadeau ?
Et si… etc.
Faire ensuite la même chose avec unconte très connu, ou une fable, en refaire les dialogues, détourner.
Et si… c’était la chèvre de monsieur Seguin qui avait commencé la bagarre contre ce pauvre loup qui n’avait pas ses lunettes te ne l’avait pas vue arriver ?
Et si Perrette avait jeté son lait par terre exprès pour nourrir une portée de chatons ?
Et si… etc etc.

Chercher aussi tous les moyens pour retrouver son calme, les répertorier : eespirer en profondeur, faire silence, mais aussi, au contraire, hurler de tous ses poumons, se battre contre un fauteuil, un canapé, des coussins, écouter de la musique, faire un câlin, manger un gâteau….

Portraits d’enfants de la Syrie en guerre, peints par Nathalie Novi

Toutes les guerres sont d’horribles catastrophes.
Depuis les débuts de l’humanité, elles fondent sur les hommes, sans souci ni de leur âge, ni de leur âme, leur supprimant, pour un temps incertain, tout horizon.
Les reporters en rendent compte, les photographes nous les montrent, les historiens les mettent en perspective, les philosophes les analysent, la plupart d’entre nous les regrettent, et, couvant leur propre progéniture du regard, se disent, lâchement, honteux : – Heureusement que ça ne se passe pas  » chez nous ».
Certains détourneront le regard de l’image sur l’écran, tourneront la page du journal, soupireront à l’énoncé des informations à la radio, à peu près tous, nous nous dirons que nous ne sommes pas sur place, que malgré toutes les explications qu’on nous donne nous ne comprenons pas grand chose aux vraies causes de ces forces en combat, que nous ne pouvons pas juger avec objectivité… Mais tous, aussi, à un moment ou à un autre, nous ressentirons, à voir et à entendre, en boucle, les effets de ces guerres sur les victimes –  faim, froid, solitude, horreur, panique, pleurs, cris, chutes, souffrance, mort, toute cette folie… – un sentiment de honte et de détresse. Loin de ces conflits, nos yeux, nos oreilles seront pourtant blessés, nos coeurs émus, et certains, même, tout à coup, sur une image, quelques mots, un regard volé dans tout ce tumulte, tout ce chaos, cette catastrophe, sentiront leur coeur un instant cesser de battre, et se briser.

Nos enfants.

Faut-il les protéger eux qui ont la chance de ne pas vivre dans un pays en guerre ?
Edulcorer ? Minimiser ?
 » N’aie pas peur ! ça ne se passe pas ici ! C’est loin ! »
Faut-il n’en point parler du tout ?
Traiter cela comme le cauchemard en rouge et noir dont accouche périodiquement le monde ici ou là, depuis toujours, et les laisser, eux, baigner dans la douceur de nos bras aimants et de leurs rêves ?
Claude Roy, pourtant l’ami des enfants ( voir ses poèmes, ses contes, ses enfantasques ! ) dans la très belle préface qu’il avait écrite à mon récit de  » La grande peur sous les étoiles », disait :  » Les enfants ont droit à la vérité, comme les grands, même quand la vérité fait mal.  »
Le mal et le malheur ne sont pas tabous.
Oui, si, dans les pays en guerre, les enfants ont tout aussi faim, froid, peur, et meurent tout autant que les grands, parce qu’ils font partie de la même humanité et portent donc, malgré eux, leur part de sa folie, nos enfants, qui vivent dans un pays en paix, doivent, et veulent, porter un regard secourable, sur eux : supporter, au moins,  une toute petite part de leur douleur, de leur malheur.

Je ne veux pas dire qu’il faut leur montrer, de visu, comme le monde dans lequel on les a fait naître et où ils vivent, peut, tout à coup, devenir si hostile qu’il va vous déchirer la peau, vous asphyxier les poumons, vous éclater la tête. Non. (Même s’ils le savent, dans le fond… ) Cela serait, pour les enfants, obscène, ou répulsif, ou pire encore, fascinant…
Non, je veux seulement dire que les enfants qui vivent en paix ne peuvent être totalement  » épargnés », mis de côté.
C’est en meilleure connaissance du monde qu’ils reconnaîtront la valeur de la paix.
Et qu’ils pourront apporter de l’espoir à ceux qui n’en ont plus.

Depuis quelques mois, mon amie Nathalie Novi publie, chaque jour, ou chaque semaine ? un portrait, d’après photo, d’un enfant de cette Syrie à feu et à sang.
Si l’on en éprouve le désir, ou qu’on trouve cela nécessaire, ou peut, avec un moteur de recherche, retrouver le portrait – photo de l’enfant peint par Nathalie.
Si on le trouve, on le reconnaît.
Mais Nathalie ne nous le donne pas à reconnaître.
Elle le fait renaître.
A cet enfant, la guerre a ôté l’enfance, a tout volé, maison, toit, école, parents, frères soeurs, chien, chat, lumière, repas, eau, lait, rires et sourires, jeux et chansons. Toutes les douceurs, toutes les couleurs de sa vie.
Sous la caresse des crayons de l’artiste, l’enfant les retrouve, et retrouve l’enfance que le chaos du monde lui avait ôtée.
Elle ne cherche pas, je crois, à nous masquer la réalité si cruelle, ni même à la transformer, elle nous donne juste à voir derrière le rideau rouge et noir, les couleurs de la vie et de l’espoir.
Sa vision.
Et l’on sait qu’elle voit :
L’oiseau qui chantera quand l’enfant ne le peut pas.
L’arbre qui fleurira quand mille autres auront été abattus.
Le nuage posé au-dessus de l’enfant, comme le dernier soupir, protecteur à jamais, d’un parent.
Sur ses dessins, la tristesse, est encore là, mais déjà s’éloigne son ombre funeste, passé le barrage du  sourire sans dent d’un enfant de sept ans.

Portraits à la fois réalistes et malgré tout, poétiques, parce que Nathalie, si sensible à la vie et à autrui, nous livrant sa vision et son ressenti, n’oublie jamais ce qui se cache derrière ce que l’on voit.
Les couleurs si l’on souffle sur le noir et le gris de la cendre.
l’écho des rires anciens,  » des voix douces qui se sont tues »
La beauté, la bonté, tuées, disparues, revenues.
Nathalie Novi sait, a toujours su, que, comme l’écrivit Paul Claudel :  » Quand ils sont très malins, les mystères se cachent en pleine lumière. »

La lumière qui surgit des décombres.
L’enfant à l’enfance perdue, retrouvé.

 

L’HOMME-CLé

On ne saura pas qui est cet homme, et pourtant, il nous est proche, cela pourrait être chacun de nous. C’est un homme comme un autre, avec des rêves plus grands que lui, ce qui est le propre des rêves. Un anonyme, un presque rien, un tout petit homme qui n’a même pas vraiment d’amis. Alors un jour, au petit matin, il part, et pour partir vraiment, il jette sa clé dans son jardin. Il ne sait pas bien où il ira, vers ses rêves sans doute. Loin, pense-t-il avec logique et raison puisqu’on ne peut guère aller plus loin qu’au bout d’un rêve.
Seulement, il arrive que les rêves aient pitié des hommes, de leurs pauvres jambes, de leurs maigres moyens, et se rapprochent d’eux, un peu…

L’équipe éditoriale de Thierry Magnier a beaucoup aimé ce texte, tout de suite, et l’a publié dans sa célèbre collection Petite Poche de livres hétéroclites  mais parfaitement identifiés, là où déjà, ils avaient mis « Fourmidable » et  » Grand Ami », et bien avant, beaucoup d’autres encore. J’en conclus que je fais très souvent des livres inclassables, et que l’on aime, pourtant.
Vous me direz ?

A QUOI TU JOUES LE LOUP ?

 

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C’est un nouveau grand album qui vient de sortir chez Flammarion qui me permet de réaliser de nouveaux textes pour les plus jeunes.
 » A quoi tu joues le loup ? » est le récit d’un coucher difficile, le jeune Jean appréhende de faire un cauchemar décidément récurent : un loup le poursuit.
Ses parents vont rivaliser d’ingéniosité pour lui faire voir son rêve sous un autre angle : est-il bien sûr que ce soit un loup qui le poursuit, et si c’est un loup, comment sait-il que ce loup veut le dévorer ? Peut-être le poursuit-il pour bien d’autres raisons, toutes plus drôles et farfelues les unes que les autres…
ET si, finalement, le petit loup avait peur, lui aussi, la nuit,  de rêver d’un enfant comme Jean ?
Et si tout ça se terminait super bien pour tout le monde, Jean, le loup…
et ses parents itou ?
De quoi renverser le sablier, manipuler les peurs comme des cubes à face multiples, ne pas voir seulement le mauvais côté des choses…

Petite poule noire comme nuit.

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C’est l’histoire d’une petite poule noire qui, malgré ses efforts, ne parvient pas à pondre un oeuf. Elle en est triste, surtout quand elle voir que ses compagnes, elles, en pondent tout plein et qu’il en sort, parfois, de doux et ravissants poussins. A quoi sert-elle, si elle ne pond rien ? En quoi participe-t-elle à la beauté du monde, chaque matin ?
Une hirondelle, de passage, le lui révélera. Son coeur s’en trouvera bien allégé, ma foi.

Les illustrations, douces et tendres, sont de Madeleine Brunelet et ce court récit, pour les plus jeunes, vient d’être publié par Père Castor Flammarion.
J’espère qu’il servira à faire sentir, à chaque enfant, que ce que produit chacun, pas forcément matériel, rend chaque être nécessaire, irremplaçable.

LE DEJEUNER DE LA NOSTALGIE par Ann Tyler

Je ne sais pas pourquoi, il me semble que je n’avais pas lu de livres d’Ann Tyler. Je crois avoir lu un article sur elle, (dans le Monde des livres ? ) et cet article m’en a donné l’envie. (Il faudrait écrire sur ces  » passeurs » -là, relais entre les auteurs et leurs lecteurs, qui donnent à entendre leurs battements de coeur)
Ann Tyler est née, dit la couverture, en 1941. Elle habite Baltimore, aux Etats Unis. Quand on a dit ça, on est bien avancés ! Il y a peu à dire, sur elle. Elle mène une vie ordinaire, ne vois assomme ni de ses voyages incroyables, ni d’une sexualité hors normes, ni d’un passé traumatisant, ni de rêves ou de cauchemars ahurissants, ni d’ambitions dévorantes, de remords récurrents… Rien de tout cela.
 » Le déjeuner de la nostalgie », nous raconte la simple histoire d’une famille des années 60 dont le père est représentant de commerce ( cela a sans doute joué dans mon choix de lecture, mon propre père ayant été, lui aussi, représentant, en ces mêmes années, un métier bien moins pratiqué à l’heure d’internet, évidemment ) Un jour, leur père ne revient plus de ses déplacements. Et leur mère se ronge les sangs mais, en bonne mère protectrice, essaie de faire croire à ses trois enfants que non, tout va bien, ils peuvent continuer à vivre normalement, une vie sans histoire.
Et c’est cela, le talent d »Ann Tyler : faire toute une longue histoire d’une vie sans histoire. Traiter ces personnages sans ombre et sans lumière comme des acteurs dignes de cette scène- là, sur laquelle elle les fait monter en grande douceur. Et nous, on les croise, on les recroise, comme s’ils habitaient au coin de notre rue, qu’on en prenait des nouvelles, banales : – ça va ? Vous faites vos courses ? Il y aura quoi au dîner ce soir ? Vos enfants vont bien ?
Et ce n’est pas ennuyeux, non, pas du tout. Au contraire. C’est fascinant, à cause des détails, des conversations, de ce qu’Ann Tyler leur fait dire alors que dans le paragraphe précédent, peut-être,  elle a écrit qu’ils pensaient autrement, ou autre chose… Il y a la surface lisse de la page, avec les mots écrits dessus, bien alignés, tranquilles, et puis la sensation qu’ils sont les vagues posées sur des abîmes.
dans un article, Ann Tyler dit que ses personnages lui parlent, la surprennent, parfois. Elle traduit leur voix comme elle le peut. Alors elle la traduit bien, car ils nous parlent aussi. Mais d’une façon discrète, comme s’ils ne voulaient surtout obliger personne à les écouter. Suprême politesse de l’écrivain !
Dans cette histoire, l’un des enfants Ezra, restaurateur, tente à multiples reprises de réunir la famille autour d’une table, pour qu’ils se parlent, s’annoncent les choses importantes de leur vie, de réconcilient quand ils sont fâchés… Et jamais, jamais, le déjeuner ne peut se passer comme il le souhaite. Toujours, l’un ou l’autre quitte la table, disparaît, avant que les choses ne soient dites.
C’est comme une parabole. La Cène, mais triviale, où l’on s’embrasse et se trahit dans le meêm moment et en toute affection, parce que c’est ainsi, la vie.

La poupée

 

Mon cher mari avait réussi à me traîner dans un quartier parisien où s’alignent sur tout un boulevard boutique sur boutique d’ordinateurs. Il espérait me convaincre de changer le mien qui était une antiquité. Je traînais les pieds, l’écoutais avec ennui, ça ne m’enchantait pas.  On est entré dans un temple de la modernité affichée. Trop de monde, trop d’appareils, d’écrans, de touches, de trucmuches. Je l’ai laissé là, je suis ressortie, il faisait si beau dehors.

Une vitrine. Au coin de la vitrine, une armoire, et dans cette armoire, une poupée. Je ne la vois pas très bien, à travers cette vitre ; elle m’intrigue. J’entre dans le magasin. En fait, c’est un endroit où l’on répare des jouets anciens. Il y a là un orgue de barbarie, très coloré, très beau, quelques ours en peluche défraîchis, décousus, abîmés. Et elle, la poupée.

Qui me fixe de son regard peint, un regard quasiment humain. Au fond de son regard, je ne sais quoi, comme une tristesse sans cause. Elle est ancienne, de tissu soyeux mais un peu sale, elle date du début du siècle, me dit le réparateur de jouets. Pendant que je la regarde, j’en oublie de respirer. J’ai l’impression que dans ce magasin-là, sur ce boulevard là, au fond de cette vieille armoire, cette poupée à l’étrange regard savait que j’allais venir et m’attendait. Moi. Aujourd’hui.  Le vendeur me donne son prix. Je ne sais pas si c’est cher, pas cher, je n’ai aucune idée de ce que vaut une poupée ancienne, je n’en ai jamais achetée aucune, en plus, enfant, je n’aimais pas beaucoup les poupées… Ce que je sais, c’est qu’elle m’attendait, que je ne peux pas l’abandonner. Toutes les petites filles qui lui ont, au fil du temps, servi de maman, me soufflent de la prendre dans mes bras, de l’emporter. Elles me la confient.

Le vendeur l’enveloppe d’un papier de soie bleu, une sorte de nuage vaporeux, et je l’emporte, dans sa robe très ancienne, un peu déchirée, comme son regard. Chez moi, je la pose sur mon bureau. Elle m’émerveille. Je sens, entre elle et moi, quelque chose que je ne m’explique pas, une connivence.

Quand je pars, quelques jours, je pense à elle, qui m’attend, petite vigie. Je la photographie. J’envoie la photo à maman, je lui raconte cette rencontre, entre la poupée et moi. Maman, qui vit un peu loin de moi, aime que je lui raconte tout cela. Elle me téléphone : – j’ai reçu la photo de ta poupée. Tu sais, c’est étonnant ! Elle a exactement le regard que tu avais, enfant, quand je te grondais. Tu ne pleurais pas, mais tes yeux se remplissaient de larmes. On dirait toi, quand tu étais triste… tu avais ce même air d’enfant abandonnée…

activités autour de Césaire, le veau vert ( en libre accès dans la rubrique « adopter »)

L’enseignant pourra commencer par la lecture instructive de « ma vie » seul livre écrit par Chagall, en français. Il l’a écrit dans une langue assez belle, poétique, imagée, et le lire nous en dit beaucoup sur ce que représentent ses tableaux. On pourra en profiter pour voir également des icônes. Dans les tableaux de Chagall, on a tout autant affaire au réel et au rêve, on peut alors avec les enfants, étudier dans les représentations de tableaux, ce qui est du domaine du réel, et ce qui est plutôt du domaine du rêve, de l’imagination. Parfois, c’est presque rien qui transforme le réel, par exemple, juste la couleur ( comme le veau vert)

Avec les plus grands ( CM ) on peut jouer à faire, sur deux colonnes, des listes de choses réelles, et à côté, les transformer : une fauteuil devient un gros crapaud. Un phare, un oeil de voiture… Et faire deux dessins : un, composé des vrais objets, l’autre, des objets transformés. Puis, découper, mêler. Même chose, ensuite, en texte. Remplacer  » phare » par oeil, etc…  nota bene : J’ai, sur ce thème, écrit un petit album « le voyage extraordinaire de petit Pierre » illustré par Charles Dutertre chez Nathan.

On trouve aussi beaucoup de jeux de mots, dans ce texte, à partir du mot « veau », mis à toutes les sauces ! Ils peuvent en fabriquer eux aussi, bien sûr, c’est. Et à partir d’autres mots. C’est le jeu des mots-valises.

Le texte fait aussi appel à la notion de  » différence » mal acceptée. J’ai souvent écrit sur ce thème : « Emile, bille de clown, » chez Bayard.  » Coup de théâtre à l’école » chez Bayard aussi, « la danse de l’éléphante »  chez Actes Sud… cela peut être l’occasion de faire réfléchir les enfants sur le rejet de l’autre à cause de son apparence physique, sur l’impact des moqueries, leur faire jouer, chacun, le rôle du bouc émissaire face aux quolibets. Leur demander de trouver des réparties bien senties pour désamorcer la riposte par la violence. Cela fait mesurer le poids des mots.

que faire avec le bateau rouge d’Oscar ?

Le bateau rouge d’Oscar est un beau grand album publié chez Flammarion et illustré par Amandine Piu. .

j’ai fait des animations en école maternelle autour de cet album. On se demande, avec les enfants, ce que devient le petit bateau parti vers l’horizon. Chacun fait une proposition, on en fait une liste, et on tente, à partir de cette liste, d’ordonner, de coordonner le catalogue des faits.

le plus : j’étais venue avec un bateau rouge, et même, deux bateaux. Je les ai déposés derrière la porte de la classe. A un moment, mon téléphone a sonné ( la maîtresse, en catimini). Elle a dit qu’elle était la mouette Coquillette, et qu’elle voulait parler à Oscar ( il y en avait un dans la classe) et à l’enfant stupéfait, elle a affirmé qu’elle avait vu son bateau sortir de la mer, s’en retourner en ville, vers l’école. Ensuite, ça a frappé à la porte, Oscar est allé ouvrir. Et là, se tenait le bateau rouge, trempé d’eau par les soins d’une maîtresse.

Stupéfaction garantie ! Et mille aventures, à partir de là, suggérées. qu’on écrit, qu’on illustre.