Bonne année 2013

Je voudrais une année de songes

songes aux nuits d’hiver si longues…

Je voudrais une année bohême,

de nuage en nuage,

de je t’aime en je t’aime,

une année vagabonde.

Je voudrais une année

sans rien ni personne à condamner,

une année à l’avance consolée, pardonnée,

sans adieu ni remords,

où demain en main tendue main tenue,

chacun revienne à la ronde humaine

comme un refrain perdu.

Je voudrais voir cette année

toutes les saisons réunies

le bleu le blanc le rouge,

et le vert sans le gris.

S’il pleut que ce soit gaiement

et ailleurs que dans nos cœurs !

Et que d’un seul battement de cil

nos larmes s’en retournent aux crocodiles !

Je voudrais que cette année soit celle

du bel âge que tout étonne

mais que rien ne dérange,

la bête et l’ange.

Une année où tous les jours

nous soient légers et vifs,

inattendus et doux

comme tout petits bisous dans le cou.

 

Bonne année 2013

  1. H

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne année 2012

Bonne année 2012

Et si tu veux faire mon bonheur,

Marguerite, Marguerite….

 

Si tu veux faire mon bonheur, ami-lecteur,

Ne me donne qu’un petit, tout petit

Bout de ton cœur.

Juste assez pour y cacher

Une toute, toute petite maison

murs de papier, toit de mots doux,

Ecrits rien que pour nous.

 

 

Si tu veux faire mon bonheur, ami-lecteur,

Ne m’emmène pas faire le tour

de la terre

Laisse -moi plutôt, tourner en solo,

Dans un tout, tout petit bal populaire,

Sur une chanson d’amour

un air très très trémolo.

 

 

 

 

Si tu veux faire mon bonheur, ami-lecteur,

Pas de ciel bleu vertigineux

Ni de grand large, rien de profond.

Juste un nuage,

Ou son ombre… ou alors un flocon ?

Il sera pour moi le ciel et la terre

Contiendra tout l’univers

 

 

Si tu veux faire mon bonheur, ami-lecteur,

Dans ce petit jardin abandonné là-bas, invite-moi.

J’y rattraperai l’enfant que j’ai été

Et qui m’attend pour jouer.

Un brin d’herbe entre les doigts

Elle siffle pour appeler son chien.

Je viens.

 

Jo.Hoestlandt

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne année 2011

 

Bonne année 2011

 

Certaines années, comme certains étés, sont meurtriers.

Ce que fut pour moi l’année passée.

Je voudrais ici confondre en ces lignes ceux qui sont encore

Et ceux qui n’y sont plus, dire à tous que je les aime encore

Et toujours plus, même si quelque part quelqu’un a tiré

Des coups de fusil que personne n’a entendus.

 

Je voudrais que ces mots de début d’une autre année

Vous donnent le feu sans le fusil, le rouge sans le sang versé.

L’éblouissement qui ne vient pas de la lumière

mais de la nuit ensemble traversée.

Le souffle qui ne sera jamais le dernier,

Que personne ne rend, que le voleur peut garder.

 

Je voudrais que ces mots de début d’une autre année

Prennent à ceux qui n’ont rien pour donner à ceux qui ont tout,

Ce qui leur manque, à savoir se mettre à genoux,

Pour enfin voir le monde à hauteur d’enfant,

Qui caresse de la même main chat câlin et chien errant.

Que chacun revienne à la vie par la grâce d’un baiser.

 

Je voudrais que ces mots de début d’une autre année

Vous fasse enfin retrouver ce foutu temps perdu

Et que vous le perdiez à nouveau, cette fois de bon gré,

Pour  le  laisser à un autre qui n’en a plus.

Et que les combats corps – accord, de la nuit à l’aurore,

De l’aurore à la nuit, nous sauvent tous de l’horreur et de l’ennui.

 

Bonne et heureuse année.

Jo.H

 

 

 

Bonne nouvelle année 2010 A vous qui m’accompagnez. Jo.H

 Il était une fois…lit-on aux enfants,

Dans le noir, le soir…

Et cette fois-là, chacun croit

Qu’elle n’arrive qu’une fois,

Par miracle…

 

Or, il est une fois chaque fois

Que j’ouvre les yeux et que je vois

Tout ce que je vois,

Et qui est là

A chaque fois…

 

Ce que je vois est simple à pleurer…

C’est toi qui te réveilles à mes côtés,

C’est une miette d’étoile dans les yeux de l’enfant,

qui comme Dieu triomphant,

nomme tout sur la Terre.

 

Ce que je vois est beau sans aucune vanité.

C’est le tout petit baiser

Que personne n’a osé,

C’est, suspendue comme l’oiseau sous le vent,

La caresse qui attend de se poser.

 

Ce que je vois n’est à personne

Et personne ne peut le prendre ni le serrer.

C’est la neige qui tombe en couronne

Sur le front baissé des hommes

Qui ne règneront jamais sur personne.

 

Tout ce que je vois est mystère.

De la rose penchée à la petite fille solitaire

Partageant peut-être le même rêve

La même vie brève

Qu’un même charme peut briser.

 

Ce que je vois n’a pas besoin de ma voix,

Pas besoin de moi, en vérité.

Pas plus que les rêves n’ont besoin de la nuit,

ni de l’aurore pour être oubliés.

Ce que je vois n’a pas besoin de mots pour être sauvé.

 

Cela est, une fois, mille fois, et cela sera

Tout autant cette année que toutes les fois

Qui étaient autrefois.

Tout, peut-être, peut être merveilleux…

Alors petits et grands, jeunes et vieux,

faites de beaux rêves,

 

Sans jamais fermer les yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne année 2009

A tous, mon désormais rituel poème de vœux,

 

 

Dîtes- lui que vous l’aimerez toujours,

Dîtes-lui.

Dîtes-lui qu’il vous est égal d’être si petit,

Si petite, incapable, mortel,

Puisque c’est pour tenir, en entier,

Dans cet amour-là que la vie vous a donné.

 

Dîtes-lui  que vous l’aimerez toujours

Dîtes-lui,

Que sous la neige de votre peau

Au creux du  berceau renversé de sa cage d’os

Votre cœur, cet oiseau  rouge  trempé de sang

Chante encore comme un enfant.

 

Dîtes-lui que vous l’aimerez toujours

Dîtes-lui.

Dîtes-lui que l’hiver qui vient

Tout autant que la neige appelle le feu

Et que si passe un peu de blanc dans vos cheveux

C’est qu’un nuage, orphelin, s’y promène un peu.

 

Dîtes-lui que vous l’aimerez toujours,

Dîtes-lui,

Et que même quand vous ne l’aimerez plus

Vous l’aimerez encore, encore plus,

Car bien malin qui peut dire quand l’amour n’est plus,

Et où s’est caché ce petit bout d’étoile perdu.

 

Dîtes- lui que vous l’aimerez toujours

Oui,

Dîtes-lui

ces mots-là, ces mots vivants

Puisque c’est pour la vie

Que vous êtes amants

Que vous êtes amis

Que vous êtes unis.

 

Bonne, très bonne  année 2009

Jo.H

 

Bonne année

 

J’en sais rien

moins que personne

moins que le chien

qui s’est enfui et retrouve son chemin

que l’hirondelle qui reconnaît l’automne

j’en sais rien, moins que personne

moins que l’escargot

qui se réveille d’une goutte d’eau

que la graine germée sous la terre qu’on bétonne

j’en sais rien, moins que personne

moins que la pierre

qui ne dit rien des morts qu’on enterre

que l’aveugle maladroit qui trébuche et tâtonne

J’en sais rien, moins que personne

et surtout moins que l’enfant

qui vole sans aile et fait semblant

d’être un avion, ou un ange, et papillonne

j’en sais rien, moins que personne

mais tout ce que je n’ai pas

que la mer recouvre déjà

que la neige effacera

             je vous le donne.

Bonne année 2008

Derrière nous, il y a les arbres où l’on a grimpé

Les genoux sur lesquels on s’est blotti

La belle grande flaque où l’on a sauté

La table à longue nappe sous laquelle on s’est caché,

Derrière nous

 

Derrière nous, il y a le jouet tant aimé, égaré,

Le chat aux yeux d’or qui s’endort sur nos pieds

L’immense corps de la mer où l’on s’est un beau jour jeté

Le long chemin parcouru pour aller pas très loin

L’odeur de la barbe à papa, du lait qui bout et des beignets

Derrière nous

 

Il y a le premier vélo sans roulettes,

Les jolis petits cailloux comme autant de petites dents récoltés

Les secrets du cœur qu’il ne faut pas répéter

La coccinelle à vœux  dans le ciel bleu envolée

La rose cueillie, doigt piqué, pour l’amie adorée.

 

Derrière nous, il y a la peur de l’ogre et du loup

L’attente du père noël qui descendra du ciel

L’étonnement d’apprendre que la Terre tourne

Que l’on a une âme, et que Dieu est trois et un à la fois.

Derrière nous.

 

Mais devant nous…

 

Devant nous il y a…

Le petit arbre qu’on vient de planter et qui fleurira avant l’été

L’enfant nouveau qui s’endormira sur nos genoux

La table à rallonges qu’on va déplier

Le chat trouvé qui ressemble au chat perdu, chat perché.

Devant nous

 

Devant nous, la mer à l’odeur de sexe, toujours recommencée

Les chemins aux petits cailloux blancs et  brillants

 comme les dents des enfants

Ce souvenir tout à coup, intact, retrouvé, vivant,

Une coccinelle à points pour changer encore une fois de destin.

 

Devant nous, soupir, d’autres loups à fuir, leurs yeux sans pitié,

D’autres faux père Noël

qui ne se donnent plus la peine de descendre du ciel,

Une autre Terre, plus vaporeuse,  qui ne tourne plus aussi rond

Mais, toujours, le même étonnement

On aurait encore une âme, dans le fond…très profond,

 

et Dieu serait toujours trois et un à la foi(s).

 

mes amours, mes amis, vous qui toujours m’accompagnez,

je vous souhaite de retrouver

à chaque jour de cette année

tous les arômes

barbe à papa, beignets autrefois dégustés,

et l’exaltante senteur des roses aux paupières closes

 cueillies jadis, doigt piqué,

pour ceux que vous aimiez.

 

Jo. H.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne année

Avoir le coeur comme un dimanche

de noces en voiles blanches

ou de rose des vents

avoir le coeur toujours naissant

Avoir les yeux sans évidence

et dedans, des poissons qui dansent

en si peu de temps

de vie, toujours l’innocence

Avoir la bouche sans morsure

être louve et lécher les blessures

être fontaine du moment

entendre le cri dans un murmure

Avoir l’eau et donner le feu

du noir tirer le bleu

et à l’emplacement

de la mort, le soleil en creux.

Avoir en soi des mots de pluie

en robe de peine et d’ennui

et au même instant

deviner en eux l’oiseau de paradis.

Bonne année 2006

 

Vous écrire comme on ouvre grand les bras

en tendres parenthèses et ne les refermer pas

vous écrire comme si de rien n’était le temps

et surtout pas ce brigand qui veut en nous tuer l’enfant

Vous écrire aujourd’hui dans le silence de la page

avec cette encre noire que j’aurais voulu bleue

dire à chacun de vous comme j’en aime les yeux

et que leur éclat accompagne mes voyages silencieux

Ils disent les jours s’en vont et les semaines

et que le coeur petit à petit est oublieux

surtout ne les croyez pas et mieux même

dîtes bonjour à chaque jour même le jour d’un adieu

Vous écrire donc comme on ouvre grand les bras

vous chuchoter « bonne année » sans trompette ni tambour

ma tendre parenthèse je ne la referme pas

pour que se poursuive la caresse encore demain et toujours.

Bonne année 2005

 

Je vous souhaite un horizon

comme fil tendu à l’oeil de l’aiguille

et d’y coudre comme un bouton

un soleil rond qui brille

je vous souhaite un temps

à mettre chats et enfants dehors

un temps à oublier le temps

à s’en aller sur les chemins sans remords

en sifflotant

Je vous souhaite des rires fous

à étrangler la gorge des canons

des rires à rendre heureux même les cailloux

à faire voler comme des pigeons, tous les poissons

Je vous souhaite des mots d’amour

graves et légers comme l’eau qui court

et de beaux silences entre les mots

suspendus comme draps blancs au fil de la cour.

ou comme l’air entre feuille et pinceau.