La rue Barbe, tome 3 : Le jeu des neuf familles



Je m’aperçois, à ma grande honte, que je n’ai pas encore répertorié ici le tome 3 de la rue Barbe, alors que j’en suis si contente, de cette série ! Chaque volume m’apporte son plein de vitamines et de vitalité ! Celui-ci n’est pas en reste.
De quoi s’agit-il dans ce tome trois ? ( Mais, je dois le rappeler, nul besoin d’avoir lu les deux premiers pour comprendre celui-ci ! )
La petite bande est invitée chez les De Soulac à un goûter festif. La maison de cette famille d’ancienne noblesse ressemble à un petit musée, tout objet a une histoire, attachée à la famille. Les autres enfants de la bande découvrent qu’eux aussi ont une histoire familiale à raconter, à partager. Léa, en particulier.
Tous finissent par se dire qu’une famille, c’est bien autre chose, sans doute, que celle attachée à un nom, à cette petite cellule restreinte qu’ils croyaient.
Qu’on est peut-être tous, des frères humains…

Je vous laisserai apprécier l’humour des situations, la tendresse qui s’en dégage, et la finesse d’interprétation d’Irène Bonacina ma chère illustratrice de cette série que nous éprouvons, toutes deux, beaucoup de joie à poursuivre, à augmenter, à affiner, embellir. Pour info, Irène jouit, à présent, de la très belle réputation du poétique album  » Esther Andersen » de Timothée de Fombelle, publié par Gallimard et fort justement encensé par toutes les presses..

Le tome 4 de la série sortira en novembre… pour les fêtes. Il est encore plus beau et on l’adore !


PRÊTS POUR LA FÊTE

C’est là le titre du deuxième volume des  » Neuf de la rue Barbe », sorti début septembre, comme annoncé.
Notre joyeuse bande d’enfants prépare la fête de la rue, moment que chacun voit à sa façon, mais que tous adorent.
Les filles ont envie de monter un chouette chorégraphie, AVEC les garçons qui traînent un peu les pieds, et rêvent plutôt d’animations…plus pétaradantes.
Au bout du compte ( du conte ?) et malgré les diverses surprises bonnes ou moins bonnes, la journée rester mémorable !

Nous nous sommes bien amusées, Irène Bonacina et moi, avec ce second volume de notre série. Les enfants prennent du caractère, sont à la fois uniques et solidaires, bref, nous, on les aime de tout coeur et on espère que vous partagerez notre plaisir.

Le troisième tome est déjà écrit, il s’intitule, pour le moment  » Le jeu des 9 familles » l’occasion pour chacun de parler aux autres de sa famille, des secrets, des états d’âme, des découvertes…
Il sortira mi – mai, et Irène s’y attelle dès à présent !

Le quatrième tome est déjà écrit aussi, et sera pour Noël 2021 ! Comme quoi, on voit loin !



sorties en presse

Ce mois-ci, en juin, sortie en presse de :
La princesse Heureuse, aux Belles Histoires, Bayard presse pour les 5 à 7 ans. Avec le CD. et illustré par Julia Spiers
– Drôle d’oiseau, aux Premières Belles Histoires, chez Bayard aussi, à télécharger si vous
le souhaiter sur le site Bayard, pour les enfants de 2 à 5 ans. Illustré par Sébastien Braun.
Le tout, tout beau, tendre et bien coloré. En vente actuellement chez votre marchand de journaux.
En avril était sorti «  Mamie de pain » en Premières Belles Histoires aussi, mais le confinement en a bien évidemment pourri la sortie, et je crains qu’il ne soit resté dans les cartons…
Mais pour les deux autres titres, il est encore temps– Drôle d’oiseau, aux Premières Belles Histoires, chez Bayard aussi, à télécharger si vous 
le souhaiter sur le site Bayard, pour les enfants de 2 à 5 ans. Illustré par Sébastien Braun.
Le tout, tout beau, tendre et bien coloré. En vente actuellement chez votre marchand de journaux.
En avril était sorti «  Mamie de pain » en Premières Belles Histoires aussi, mais le confinement en a bien évidemment pourri la sortie, et je crains qu’il ne soit resté dans les cartons…
Mais pour les deux autres titres, il est encore temps- Drôle d’oiseau, aux Premières Belles Histoires, chez Bayard aussi, à télécharger si vous
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Le tout, tout beau, tendre et bien coloré. En vente actuellement chez votre marchand de journaux.
En avril était sorti  » Mamie de pain » en Premières Belles Histoires aussi, mais le confinement en a bien évidemment pourri la sortie, et je crains qu’il ne soit resté dans les cartons…
Mais pour les deux autres titres, il est encore temps- Drôle d’oiseau, aux Premières Belles Histoires, chez Bayard aussi, à télécharger si vous
le souhaiter sur le site Bayard, pour les enfants de 2 à 5 ans. Illustré par Sébastien Braun.
Le tout, tout beau, tendre et bien coloré. En vente actuellement chez votre marchand de journaux.
En avril était sorti  » Mamie de pain » en Premières Belles Histoires aussi, mais le confinement en a bien évidemment pourri la sortie, et je crains qu’il ne soit resté dans les cartons…
Mais pour les deux autres titres, il est encore temps
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L’amour qu’on porte

PS : je corrige le site you tube qui est erroné :

https://www.youtube.com/watch?v=SsQkZoeKgRg 

 

Une amie inconnue – comme aurait écrit Supervielle, m’a envoyé cela ce matin, une lecture de cet album  » L’amour qu’on porte  » que j’avais écrit à la naissance de mon premier petit-fils Arthur – l’album était sort le jour de sa naissance ! pour mon père, le sien, et lui, afin de les relier, comme des nageurs dans le fleuve du temps.
Il portait en lui l’émotion profonde qu’on éprouve au moment où l’on sent qu’une page se tourne du livre de votre vie.
Ce jour-là, tout était bien.
Et puis mon père est mort, Arthur a grandi – il a eu 13 ans la semaine dernière, il arrive aux épaules de son père qui est encore dans la force de l’âge, un frère, une sœur l’ont rejoint que mon père n’a pas connus. Le livre n’a pas été réimprimé, c’est comme ça, c’est la vie.
Mais parfois les livres vivent bien au-delà de leur vie, bien au-delà du raisonnable. Ils deviennent film, dessin animé, ballet, pièce de théâtre, chanson, l’imagination des lecteurs est extraordinaire, et sans fin, tous les auteurs vous le diront.
On n’enterre jamais vraiment les histoires.

Dans cette bibliothèque belge de Nivelles, une jeune bibliothécaire ( je dis  » jeune » car quel que soit son âge que je ne connais pas, la voix est fraîche, la vie ne l’a point abîmée)
a tellement aimé ce livre que, durant ce temps incertain du confinement, elle a voulu le partager  avec tous ceux qui fréquentent sa bibliothèque, et elle nous l’offre, là, beau comme il y a 13 ans, à sa naissance. Accompagné d’un trio de Schubert qui l’enveloppe doucement…
Elle s’appelle Marielle, notre magicienne.
Et je lui dois un pur moment de bonheur.

Supervielle – oui, toujours lui, je l’aime beaucoup – écrivait ces mots parfaits, eux aussi :
que  » les mots vous frappent de loin comme balles perdues… » ( dans Les amis inconnus)
Ceux de  » l’amour qu’on porte « , et les belles illustrations de Carmen Segovia qui les accompagnent, ont frappé, de loin, par hasard, Marielle – de- Nivelles, et pour que ce ne soient pas mots perdus, voilà que de tout son cœur, elle les offre à tous, si simplement
qu’on se met à croire qu’en réalité, rien ni personne ne meurt jamais vraiment…
Il suffit d’un regard….
D’une voix…
D’une note qui s’obstine…
Tout s’éclaire.

 

LA GRANDE PEUR SOUS LES ETOILES

Les éditions Syros viennent de ressortir, dans son format initial, ce livre publié en 1993 et jamais épuisé, les éditrices successives de cette maison le considérant comme important dans l’histoire de la maison Syros.
Une petite cérémonie a été consacrée aux 30 ans de Syros et on m’a demandé d’y re-présenter mon livre qui avait été extraordinairement illustré par les clairs – obscurs de Johanna Kang qui n’exerce malheureusement plus comme graphiste aujourd’hui.
Le livre, qui raconte l’amitié entre deux petites filles en juillet 42 et comment cette amitié sera brisée par la guerre et les hommes qui la font, avait obtenu de grandes distinctions : le prix de Bologne, graal des éditeurs et des illustrateurs ! le prix du Bundestag ce qui m’avait tellement émue, le prix des bibliothèques américaines … et il avait été multi – traduit dès sa parution.
Je l’avais écrit pour parler très tôt, aux enfants, de cette période de la guerre, en France, moi je n’en  avais été informée que très tard, vers 13 ans. Et je croyais, alors que c’étaient les Allemands qui avaient arrêté les Juifs… J’étais loin de me douter que cela avait été le rôle de policiers français aux ordres d’un gouvernement dit de Vichy…
Mais pour moi, ce livre est maintenant et beaucoup le souvenir de belles conversations avec Claude Roy, qui composa une très forte préface à cet album, et avec qui j’entretins, ensuite, correspondance et amitié. Et cette préface, quand je la lis, entretient en moi le souvenir de sa voix, vite essoufflée, mais toujours portée à l’enthousiasme de dire et de raconter. A la recherche de bien penser et de bien dire ce que l’on aura pensé afin de le partager au mieux.
Ce livre, sans doute, beaucoup d’écoles et de bibliothèques l’ont déjà. Pour les autres, c’est l’occasion de le découvrir, afin que les enfants qui le liront nous posent ces questions que Claude Roy disait  » originelles et essentielles »…
J’y pense, aujourd’hui que son ami Jean Daniel l’a rejoint. Ils en avaient l’habitude et ils aimaient tant discuter ensemble…
Ils doivent en avoir des choses à se dire, privés l’un de l’autre depuis si longtemps…
Sous les étoiles.

LES NEUF DE LA RUE BARBE

Les voilà ! Tout frais sortis de leur cocon !
Le premier volume de ma première série « Les neuf de la rue Barbe« , une chronique gaie et tendre d’une petite bande d’enfants qui vivent tous dans la même rue, se rendent à la même école, et parlent ensemble des petits et grands évènements de la vie qu’ils vivent et créent, pour le dire un petit journal de rue.
Neuf enfants qui vous parlent, vous racontent ce qu’ils voient, ce qu’ils savent ou ignorent… et parfois, dans l’ombre, un passager clandestin.

Cette série est publiée par les éditions Bayard, illustrée avec beaucoup de talent par Irène Bonacina dont je vous invite à aller retrouver le travail sur internet. Son dessin est léger, réaliste et poétique en même temps, la rue comme si on y était !

Je me suis inspirée d’une petite rue de banlieue parisienne que je connais très bien, une rue sans importance, sans prétentions, maisons et jardins, bout à bout, un bar et puis c’est tout. Nombre d’entre nous habitent ce genre de rue-là.

Les éditions Bayard, sur leur site, lancent une collection de photos de rues où habitent les lecteurs, invités à la décrire en quelques mots. Si tout va bien, nous aurons une jolie et inédite géographie de nos lecteurs !

Bonne lecture à tous.

ci-dessous, le Graal ! la critique de Télérama par Michel Abescat !

9791036301704

Bon, j’ai vérifié, le lien marche bien. Je ne suis pas parvenue à vous mettre direct l’article sur la page, dommage. Mais déjà bien que je n’ai pas perdu tout le reste !!!

Et ci-dessous le commentaire de la librairie  » Les Arcades à Lons Le Saulnier, dans la revue Pages 

que je dévore chaque trimestre : plein d’articles, d’interviews sur les écrivains, leurs œuvres, rédigés par ceux qui les aiment  – on a l’impression d’être entré dans une très grande, excellente pâtisserie, on est tentés d’acheter tous leurs gâteaux !
Merci. Pour moi et pour tous ceux qu’inlassablement, les libraires passionnés par ces livres qui leur arrachent les bras mais font résonner les tambours du cœur, offrent à leurs clients et amis -lecteurs.

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*DEUXIEME GRAAL ! DANS LE SUPPLEMENT DU MONDE : LE MONDE DES LIVRES ,
un article de Jean Birnbaum.

Là, on est rouges de confusion !

les neuf de la rue Barbe, le Monde des livres

Bon, toute cette bonne presse nous est arrivée à un moment où librairies et bibliothèques, victimes d’un mauvais sort jeté par une sorcière nommée Virusse, étaient plongées malgré elles dans un sommeil profond. Elles tentent de se relever, c’est pas gagné, elles se sentent tout affaiblies… mais nous les aiderons, n’est-ce pas, elles nous ont si souvent aidés, elles…
C’est un peu malheureux pour notre série si bien partie, mais on espère que cela l’aidera bien pour la suite, ce deuxième volume que l’illustratrice termine de dessiner avec le même allant, le même talent, et qui doit sortir fin août ( si les livres ne sont pas confinés dès leur naissance !!).
En tout cas, on a été très fières, toutes, de ces belles distinctions dans l’univers très dense et très compétitif ( sniff sniff) des séries pour les enfants.
Je dis sniff sniff parce que je regrette toujours quand on m’explique que malheureusement il n’y a pas de place pour tout le monde sur les étagères non extensibles des librairies… Je reste une indécrottable naïve, souhaitant que chaque histoire -et partant chaque auteur et illustrateur- rayonne à sa place au soleil.
Soleil brillant dans les yeux des enfants, même les jours de pluie, chassant au loin les  » soleils noirs de la mélancolie ».

 

LA REVANCHE DES PAPILLONS

 

 

C’est un nouveau petit poche de chez Magnier dans cette petite collection très reconnaissable de textes brefs mais forts.
Je ne saurais pas bien vous résumer ce récit, autobiographique mais qui raconte quoi, au juste ?
Quelques anecdotes, autour de la campagne, des animaux, de leur vie et de notre tendance à la leur ravir pour notre consommation, ou notre plaisir.
Et puis de l’écriture, qui fait vivre, et revivre, des livres dont les personnages comptent parfois tout autant que les vraies personnes qui nous entourent vraiment.
Quelques pages pour s’élancer dans le vide, comme un papillon.
Je donnerai beaucoup ce livre je pense, à tous ceux que j’aime, j’ai déjà commencé à le faire, à mes amis écrivains pour grands et petits, tous me disent qu’il les touche beaucoup et je sais que c’est l’un de mes livres les plus  » justes », dont je ne pourrais changer un seul mot. Il m’a été comme dicté, soufflé,  par une voix intérieure, plus forte, plus puissante que je ne le serai jamais.
Il me dépasse, ce tout petit petit livre-là. Et j’en suis heureuse.

La vache qui savait lire

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Beau et grand nouvel album pour les plus jeunes paru au Père Castor !
Les illustrations, légères, rigolotes et poétiques,  sont de Lucie Maillot qui tient un blog très sympa, où elle avait fait des essais de vaches pour s’entraîner à la nôtre, je suppose.
Elle y a dessiné aussi un très bel arbre vert et rose tendres, très joliment feuillu, autour de sa boule de gras.
Cela se passe à la campagne avec une petite Jeanne, qui, au bout de son jardin, a vue sur un pré où paissent trois vaches, une noire, une blanche et une brune dont elle s’amourache.
Avec Mirabelle, son amie la vache, Jeanne joue, parle, apprend.
Et ce qu’elle ne sait pas c’est qu’à son contact, la petite vache fait de même.
de sorte que, lorsque Jeanne, assise dans le pré auprès de Mirabelle, va répéter son alphabet, puis déchiffrer son premier livre, la petites vache, en secret, fera de même.
Et le jour où, malade, Jeanne ne pourra rejoindre Mirabelle dans son pré, la petite vache viendra à elle et…
Une histoire douce, tendre, où l’imagination l’emporte.
Ce livre devait s’appeler  » la vache qui lit ! « , merveilleux titre qui fut refusé pour avoir déjà été utilisé en vue d’un prix, je crois, ce dont je suis bien marrie. Mais l’histoire reste la même, et je compte bien revenir à Mirabelle et lui faire vivre encore moult apprentissages en compagnie de son amie Jeanne.
j’ai toujours aimé les vaches, leur placidité, leur douceur, leur odeur, et leur lait que la fermière, dans mon enfance, versait dans le bidon de fer blanc que je transportais ensuite, avec précaution, jusqu’à la maison ( sauf la fois où je me suis pris les pieds et étalée avec comme Perrette et son célèbre pot au lait ! )
Je suis donc bien contente de vous présenter Mirabelle, et j’espère que les enfants lui feront bel et bon accueil.

LE CONCOURS DE NOUVELLE

 

Le concours de nouvelles

Le concours de nouvelles
est le titre de mon nouveau roman paru chez Magnard Jeunesse.
L’illustration de la couverture, vive et parlante, est due à Amandine Laprun.

Ce roman, à la première personne, raconte un moment de vie dans l’adolescence d’Orane, une jeune fille dont les parents tiennent un petit hôtel, dans la campagne.
Elle va au collège de la ville voisine, où elle a peu d’amis.
Un jour, elle décide de participer à un concours d’écriture, dont la récompense est la parution de la nouvelle primée, et 300€, somme qu’elle n’a jamais eu en poche.
Le concours demande que le texte raconte quelque chose de personnel.
Il lui est récemment arrivé quelque chose qui l’a blessée, une amitié qui s’est très mal terminée. Elle décide de raconter cela. Mais ce n’est pas facile, loin de là.
Y parviendra-t-elle ?
Une rencontre avec un drôle d’oiseau, comme elle, l’y aidera peut-être.

J’ai écrit cette histoire parce qu’elle offre de multiples aspects. On y parle de la vie, de l’amitié, de ce que c’est que grandir, de la différence entre avoir des rêves et des projets, de l’écriture, de ce qu’on peut raconter ou pas, et de comment on raconte quand on parle de soi, toutes questions qui se posent immédiatement dès qu’on penche vers un récit autobiographique. Et à quoi ça sert, si cela doit servir…

Il s’adresse aux collégiens, collégiennes, à partir d’onze, douze ans et jusqu’à bien plus tard, à tous ceux et celles que les processus d’écriture intéressent, aux enseignants qui souhaiteraient que leurs élèves écrivent une nouvelle, et d’ailleurs, les éditions Magnard organiseront, à partir de mon livre, un concours de nouvelles auquel on espère que vous serez très nombreux à participer, et que je superviserai.

Et puis aussi, il dit que ce n’est pas parce qu’on est issu d’un milieu très éloigné de la littérature, et qu’on habite bien loin des villes, de leurs bibliothèques, du Savoir, des beaux quartiers où logent les gens aisés et cultivés, qu’on ne peut pas devenir écrivain.
Cette vie, d’apparence pauvre et banale, à l’écart, est aussi riche de choses à dire, de sentiments à partager, aussi digne que toute autre de devenir, sous des doigts avisés, un beau roman !
J’aimerais qu’après cette lecture, plus personne n’en doute.
Il est dédicacé à une jeune femme que j’ai connue enfant, lors de visites dans les classes comme j’en fais depuis 30 ans, elle habitait un tout petit village à la campagne, et comme Orane, elle aimait les livres, les mots, ils l’ont portée, transportée, et à son tour, maintenant, et de toute sa belle énergie, elle invite chacun, aux quatre coins de France, à ne pas avoir peur d’aller plus loin que le bout du jardin, le bout du village, de prendre un livre et de partir, confiants dans les rencontres qu’ils feront sur leur chemin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IL Y A TOUJOURS UN OISEAU

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C’est un bel et grand album comme il m’a peu été accordé d’en faire, à mettre sur la même étagère que  » La grande peur sous les étoiles », « les petites filles dansent », « la géante Solitude », « A pas de louve ».
Pour ceux qui aiment lire un texte poétique, profond, mystérieux.
J’ai pensé à l’écrire au soir des attentats du 13 novembre 2015. Pour les enfants. Afin qu’ils puissent avoir en tête autre chose que les images affreuses qui passaient en boucle sur les écrans de nos télévisions et qui n’avaient aucun sens.
Aborder l’effroi, l’indicible, autrement.
Comme on l’a toujours abordé dans le passé, avec humilité, par le conte.
Un prince a tout perdu : son château, ses biens, et même celui qu’il aimait par-dessus tout. On lui a tout pris, on lui a tué son ami. Il ne s’est pas même battu, ne sait pas s’il en aurait été capable. Il n’était pas là, il n’a pu que constater, à son retour, qu’il n’avait plus rien. Le désespoir l’a pris, qu’il est allé cacher au fond d’une forêt.
Là, les bêtes l’attendaient, qui vont l’accompagner, elles savent, elles, que c’est quand on se croit tout au bout de tout, dans le noir complet de la forêt, qu’advient l’oiseau.
Cet oiseau nourrira son chant des larmes versées, avant de s’envoler.
Alors seulement, celui qui avait tout perdu, retrouvera l’espoir, l’envie de vivre, de retourner auprès des autres, de les aimer.
Les enfants, et nous, n’avons pas besoin de nous gaver d’images, de sons, de mots, insensés, racoleurs. Aux actes commis par les haineux et les insensés, de grâce, ne répondons pas de même.

Je ne raconte pas,
je ne traduis pas,
je ne montre pas,
Je convertis.

Je change de mesure.

Que l’enfant sente, par notre lecture, qu’aucun être sur terre ne mérite la haine des autres, mais qu’elle est, qu’elle existe, comme le noir qui soudain nous prive de tout. Mais cependant, et se nourrissant du noir comme du reste, tout autant, la lumière, la tendresse, l’apaisement et la joie, même, reviennent. Toujours.
Non parce qu’elles sont plus fortes que la haine, ni que le vie est plus forte que la mort, cessons ces combats de mots tout aussi stériles que les combats de coqs. Mais, beaucoup plus simplement, à cause de ce qui fait qu’il y a à toute chose un envers ET un endroit, un matin ET un soir, un hiver ET un printemps.
Un jour ET un autre jour.

Et le vent qui fait bouger les feuilles, et nous pousse.

Pour ce conte qui en est à peine un, l’album a bénéficié du talent de Frédérick Mansot que les amoureux de la littérature jeunesse connaissent bien. Il a composé de somptueuses illustrations, peintes sur du tissu Liberty ( on en voit la trame à chaque page et sur l’intérieur de la couverture ) et a fait en sorte que tout dise, tout parle, et raconte, et même le tronc de l’arbre où se grave, dans l’écorce noire, les malheurs du monde, et même les bêtes qui nous représentent, bêtes que nous sommes, quand nous tentons de consoler celui qui vient, perdu, éperdu.

Une belle citation de Marie Noël que plus personne ne lit maintenant, mais dont je fus, en mes jeunes années, un peu voisine, est écrite à la première page de cette histoire :
 » Qui pourra maintenant retrouver ta douleur ?
Rien n’en reste, rien qu’un chant d’oiseau, sublime.
Ah ! Quelle délivrance est au fond de l’abîme »

C’est une histoire qui délivre.