A L’OISEAU – LYRE

Samedi 25 mai, aura lieu le Salon du livre-jeunesse, à la médiathèque de Rueil- Malmaison, où j’habite. Je fais partie des auteurs invités, chaque année, depuis sa création, depuis toujours, c’est en général un joli moment de rencontres, joyeux, chaleureux. Il peut avoir lieu grâce au travail extraordinaire des libraires, et
ceci est une ode reconnaissante à la librairie qui m’est le plus chère, née en même temps que mes premiers écrits publiés.

Elle est située à Rueil-Malmaison, ville où j’habite, et s’appelle  » L’Oiseau-Lyre », comme dans le poème  » Page d’écriture » de Jacques Prévert, oiseau descendu du ciel bleu et que les tous les enfants qui s’ennuient appellent de leurs vœux, afin que  » s’écroulent tranquillement » les murs qui les enfermaient loin des falaises, des mers, des arbres, du ciel où se promènent les nuages et les oiseaux.

D’abord située rue Jean Le Coz – nom d’un héroïque sauveteur qui plongea plusieurs fois dans la fournaise du terrible incendie du cinéma de Rueil pour tenter de sauver le maximum de personnes et y perdit la vie – la petite librairie de l’époque fut créée par Marie- Odile Garrigues, pionnière en la matière car à l’époque, créer une librairie-jeunesse était un véritable acte militant. Mais bon, ça l’est encore, la plupart du temps…
Elle fut très vite rejointe par la libraire actuelle, Chantal Malamoud, et, pour s’agrandir, elles emménagèrent, il y a tout juste 30 ans déjà, sur les lieux actuels, au 7 rue Hervet, la rue principale entre l’église et le marché.
Il y a deux belles vitrines, et au centre, une porte, qui donne sur une petite cour pavée, une sorte d’escalier-échelle en bois, un hortensia, et, au fond de la cour ombragée, qui reste bien fraîche en été, la librairie et tous ses trésors à découvrir, à regarder, à feuilleter, à choisir, à offrir, à lire.

En trente ans de présence, combien d’adultes et d’enfants s’y sont succédés, trouvés, rencontrés ?  Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que maintenant les petits sont devenus grands et y amènent leurs propres enfants, voire, comme moi, leurs petits enfants, et que grâce à eux, ni la librairie ni la libraire ne vieillissent vraiment.
Quand j’ai commencé à publier, elles ont vendu, avec enthousiasme, mon premier livre,  « Le moulin à parole » et puis tous ceux qui ont suivi. Elles m’ont confié « la maison », le lundi après 4heures et demi, pour que je prenne en ateliers de lecture et d’écriture, chaque semaine de petits groupes d’enfants, curieux, et n’acceptant pas plus que l’élève de Prévert que deux et deux fassent forcément quatre, et même, dans leurs récits farfelus,  prouvant joyeusement le contraire ! Cet espace était idéal pour cela, des murs vibrants, de papier et de mots, une pluie de lettres au-dessus de nos têtes !

Le temps passant, certaines années furent plus difficiles, sans doute, pour mon amie libraire,  car il fallait bien parfois que huit et huit fassent seize malgré tout, afin que perdure ce nid d’oiseau bleu. Et, d’autres espaces s’ouvrant, dans le même but que le sien, beaux également, et apportant eux aussi, pour petits et grands, rêves d’aventure et poésie, si, tout de même, seize et seize pouvaient tantôt faire trente deux, ça serait encore mieux !
La librairie a duré sans vieillir, accueillant les jeunes auteurs, les nouveaux illustrateurs, ceux qui ont une réputation bien établie, et puis les autres, à découvrir, dont le talent interroge, ne fait pas l’unanimité, provoque, qu’il faudra montrer, expliquer, recommander. Ces auteurs, plus rares, savent ce qu’ils doivent à de telles personnes, de tels endroits…

Mais ce que je vois, à chaque fois que je me rends chez mon amie libraire, c’est que ceux qui débarquent là, aujourd’hui comme hier, petits ou grands, écarquillent les yeux, et « s’en mettent  plein les mirettes ! » comme disait ma petite maman. Ils s’apprêtent à recevoir chez eux de nouveaux amis qui ne les jugeront pas, ne les trahiront jamais, et qu’ils n’oublieront plus de toute leur vie.
Et quand, sur les étagères, les boîtes à musique font entendre leur ritournelle, au-delà de ce qu’on entend, si l’on prête l’oreille sans craindre qu’on ne vous la rende pas ! on distingue le chant d’un oiseau, bleu comme le temps qui passe, qui passe, qui passe…

LE CONCOURS DE NOUVELLE

 

Le concours de nouvelles

Le concours de nouvelles
est le titre de mon nouveau roman paru chez Magnard Jeunesse.
L’illustration de la couverture, vive et parlante, est due à Amandine Laprun.

Ce roman, à la première personne, raconte un moment de vie dans l’adolescence d’Orane, une jeune fille dont les parents tiennent un petit hôtel, dans la campagne.
Elle va au collège de la ville voisine, où elle a peu d’amis.
Un jour, elle décide de participer à un concours d’écriture, dont la récompense est la parution de la nouvelle primée, et 300€, somme qu’elle n’a jamais eu en poche.
Le concours demande que le texte raconte quelque chose de personnel.
Il lui est récemment arrivé quelque chose qui l’a blessée, une amitié qui s’est très mal terminée. Elle décide de raconter cela. Mais ce n’est pas facile, loin de là.
Y parviendra-t-elle ?
Une rencontre avec un drôle d’oiseau, comme elle, l’y aidera peut-être.

J’ai écrit cette histoire parce qu’elle offre de multiples aspects. On y parle de la vie, de l’amitié, de ce que c’est que grandir, de la différence entre avoir des rêves et des projets, de l’écriture, de ce qu’on peut raconter ou pas, et de comment on raconte quand on parle de soi, toutes questions qui se posent immédiatement dès qu’on penche vers un récit autobiographique. Et à quoi ça sert, si cela doit servir…

Il s’adresse aux collégiens, collégiennes, à partir d’onze, douze ans et jusqu’à bien plus tard, à tous ceux et celles que les processus d’écriture intéressent, aux enseignants qui souhaiteraient que leurs élèves écrivent une nouvelle, et d’ailleurs, les éditions Magnard organiseront, à partir de mon livre, un concours de nouvelles auquel on espère que vous serez très nombreux à participer, et que je superviserai.

Et puis aussi, il dit que ce n’est pas parce qu’on est issu d’un milieu très éloigné de la littérature, et qu’on habite bien loin des villes, de leurs bibliothèques, du Savoir, des beaux quartiers où logent les gens aisés et cultivés, qu’on ne peut pas devenir écrivain.
Cette vie, d’apparence pauvre et banale, à l’écart, est aussi riche de choses à dire, de sentiments à partager, aussi digne que toute autre de devenir, sous des doigts avisés, un beau roman !
J’aimerais qu’après cette lecture, plus personne n’en doute.
Il est dédicacé à une jeune femme que j’ai connue enfant, lors de visites dans les classes comme j’en fais depuis 30 ans, elle habitait un tout petit village à la campagne, et comme Orane, elle aimait les livres, les mots, ils l’ont portée, transportée, et à son tour, maintenant, et de toute sa belle énergie, elle invite chacun, aux quatre coins de France, à ne pas avoir peur d’aller plus loin que le bout du jardin, le bout du village, de prendre un livre et de partir, confiants dans les rencontres qu’ils feront sur leur chemin.