VUE SUR MER

 

9782210965140

C’est un roman qui paraît donc, maintenant, aux éditions Magnard- Jeunesse, même collection que Géant qui a conquis un très large public. L’illustration de couverture, réalisée par un dessinateur italien : Andrea Serio, est belle, parfaite : un enfant, perché sur une falaise rocheuse, regarde la mer, très bleue, et plus loin, l’horizon, là où le ciel et la terre se rejoignent toujours.
C’est une histoire de vie, comme j’aime les écrire, avec lenteur, tendresse, humour.
Un enfant est, quelques jours, déraciné, passe de l’enfermement dans un petit appartement de sa cité où il vit avec sa jeune mère et son petit frère, à des vacances sur la Côte d’azur, invité dans la jolie petite maison de personnes âgées, cultivées, bienveillantes, où tout ce qui est dit et fait lui semble à la fois étrange, étranger, et fascinant. Il découvrira que la beauté d’un lieu et la bonté de ceux qui l’habitent peuvent lui faire voir la vie et le monde autrement. Ce qui n’est pas sans lui poser de question : car, comment changer sans être infidèle à sa famille, comment devenir sans renier ni soi ni personne ?

Je suis heureuse d’avoir pu écrire ce roman qui n’en est pas un, où nombre de jeunes lecteurs se reconnaîtront peu ou prou en Romuald, mon jeune héros en devenir. Rien en lui ne m’est étranger, je l’abrite intimement depuis l’enfance, depuis toujours. Il est temps que je le partage, que je le libère.
Et que vous l’accueilliez.

Il se trouve qu’il est parfaitement d’actualité, qu’il peut être lu en écho au plan de lutte contre la pauvreté présenté par l’actuel président. Inutile de dire que la simultanéité de nos sorties est involontaire, et je n’attends aucun remerciement officiel !!

MAIS

j’espère avec force que nombre de discussions pourront avoir lieu grâce à ce récit de vie pauvre qu’est « Vue sur mer ».
Et si je prends soin d’inscrire le mot « pauvre » en italique, c’est qu’une vie n’est vraiment pauvre qu’au regard normalisateur de la société des autres.
L’enfant qui la vit subit davantage le regard d’autrui que les manques dus à la pauvreté.
Et il y a cette grande et belle question jamais soulevée.
Avec la pauvreté, va toute une  culture de la débrouille, le sens de l’opportunité, une grande liberté de temps, de parole, de pensée non étudiée, libre, originale, surréaliste parfois.
Qu’il ne faudrait pas anéantir par une normalisation forcée, dès la maternelle obligatoire.
Ce sera mission difficile, tant la société marche comme ça, à essayer de mettre tout le monde à niveau parce que ce sera plus juste. Mais il ne faudrait pas qu’on forme des  » tous pareils »… Car on a besoin, pour améliorer le monde, de gens qui pensent et agissent différemment…
Et puis, je pense aussi que les enfants pauvres sont, comme tous les enfants, très fidèles à leur tribu familiale, à ses rites, ses valeurs, son langage. Par l’école, ils apprennent d’autres rites, d’autres valeurs, un autre langage. On leur donne à voir un autre monde. Mais il faut leur dire qu’aborder ce nouveau monde, ils peuvent, ils doivent le faire sans renier l’ancien. Non seulement ils peuvent cohabiter, mais ils s’enrichissent mutuellement.
De cela, primordial, je n’ai pas entendu parler.
Mais ce livre – là, le dit.

Je voulais aussi signaler le livre de Jo Witek qui est une auteur dont je me sens proche, de même sensibilité à ce genre d’histoire que moi, et qui a publié, il y a deux ans je crois, alors que j’écrivais moi-même celui-ci, un très beau récit de vie, sur le même sujet, intitulé :  » y a pas de héros dans ma famille ». Chez Actes -sud junior.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s