LE PRIX D’EVELYNE

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Quel bonheur, ce dernier livre sorti ce mois-ci, pour mes 70 ans, et qui raconte un épisode de l’enfance de maman, qui est morte cet hiver.
Il avait déjà paru, ce livre, brièvement, malheureusement, aux éditions Escabelle, dont j’aimais beaucoup l’éditrice venue de Bayard, Aude Elfassi, qui dut abandonner ses beaux projets, faute de moyens suffisants. Les éditions du Pourquoi pas, ont repris le flambeau, et en ont fait un petit album à rabats, coloré, mis en image par un jeune illustrateur au joli nom prometteur : Léo Poisson, qui m’a fait parvenir un courrier très touchant sur ce texte-là, qu’il a illustré avec une grande générosité.
Evelyne, donc, c’est ma maman. Et l’histoire de ce prix, s’est passée dans les années 35, 36, juste avant guerre. Maman était élève dans une école primaire du XVème arrondissement où elle habitait ( dans un cinéma, juste derrière l’écran! Son papa était régisseur et sa maman ouvreuse !) Cette malheureuse aventure que je conte là  s’est réellement passé, bien sûr, je n’y invente rien, malheureusement. L’humiliation subie par ma mère, je la sens encore m’indigner, comme au temps où elle me la racontait, il y a plus de 60 ans… Je me sens encore bouillir de rage, je serre encore les dents, les poings, les yeux pour ne pas pleurer, comme elle, autrefois, en ce lointain été parisien où l’école publique ne fut pas à la hauteur de sa vocation.
Mais de cet épisode, nous avons tiré une forte leçon de vie, et ma mère devint cette belle personne, courageuse, volontaire, entière, que la petite Evelyne promettait.
Ce livre me permettra maintenant, dans les classes, de parler de liberté, d’égalité, de fraternité, de la seconde guerre mondiale, du racisme, témoignage à l’appuis, et l’histoire du « Prix d’Evelyne » prolongera encore un peu la vie d’Evelyne née Gooden, que l’hiver dernier a emportée.
Quant à moi, si maman ne m’avait pas, avec tant de vivacité, raconté des dizaines de fois toutes les histoires de son enfance qui l’avaient fait devenir ce qu’elle était devenue, me donnant l’envie, à mon tour, de dire et de raconter, je ne serais pas devenue cette Jo. Hoestlandt d’aujourd’hui, écrivain de tant de livres pour petits et grands qu’elle n’ose plus, depuis longtemps, les compter, se contentant, avec bonheur, de les raconter.

 

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Une réflexion sur “LE PRIX D’EVELYNE

  1. Oh quelle témoignage d’amour ! Je sors tout juste d’une dédicace de Daniel Pennac pour « Mon frère » et votre cri du coeur est encore plus fort à la lumière de son ouvrage. Je vais m’empresser de trouver ce texte.

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