« LA MARCHE » de E.L. Doctorow

De cet auteur, j’avais, il y a fort longtemps, vu et aimé Ragtime, son grand succès. « Ragtime » devint un merveilleux film ( ce qui est rare…) adapté par Milos Forman dans les années 80. Doctorow est mort en 2015, mais vient de sortir chez Actes Sud,  » dans la tête d’Andrew » son dernier livre, que je n’ai pas encore lu.
Je n’avais pas lu non plus  » la marche » écrit en 2005, que j’ai donc emprunté dernièrement à la médiathèque.

Le thème :  » la marche », c’est celle des soldats du général Sherman ( Nordiste) à travers la Géorgie et la Caroline, après le célèbre incendie d’Atlanta qu’aucun de nous je suppose ne peut, grâce à  » Autant en emporte le vent, » ni oublier ni voir autrement que par les yeux de Scarlett O’Hara. Nous retrouvons, dans ce long roman, cette même atmosphère de fin du monde, de fin d’un monde, la foule et la déroute des combattants, l’horreur et l’aléatoire de la guerre, tous aussi perdus, noirs, blancs, nordistes, sudistes, tous cherchant éperdument un signe, une étoile, un ami, un amour pour le guider.
C’est une fresque extraordinaire, une épopée pleine de tumulte qui se déroule, très cinématographiquement, sous nos yeux. On y suit à la fois, les « Grands », les décideurs, les figures historiques ( les généraux, Sherman, Hampton, Kil Patrick, le général Grant, le président Lincoln, et puis la foule, le peuple, hommes et femmes, enfants, chassés et-ou- chasseurs, parfois les deux à la suite ou à la fois. Une figure cependant se détache, celle de Pearl, petite négresse blanche, dans des scènes où la vie et la mort se côtoient, se croisent.
L’histoire démarre avec Atlanta, et on est dans une sorte de suite dAutant en emporte le vent, mais Doctorow mène une réflexion morale, politique, qui nous emmène évidemment plus loin que le flamboyant roman de Margaret Mitchell. Lincoln y apparaît comme le seul être de pouvoir véritablement compassionnel, portant en lui le terrible fardeau de cette guerre qui déchire la chair et l’âme, et tous les coeurs. Victorieux, il ne se réjouit pas et pense  » qu’il ne faut imposer aux vaincus de termes si sévères que la guerre se poursuivra dans leurs coeurs » C’est d’une clairvoyance absolue, à méditer à l’aune des conflits en cours actuellement… Tous les dirigeants n’ont pas cette infinie sagesse, loin s’en faut…
Alors, par l’entremise de ce récit de Doctorow, je me suis dit, et c’est une belle découverte à partager, que les guerres ne se concluent jamais par les armes, mais à la fin, et seulement, par des mots. Car ce sont ces mots du traité qui, une fois écrits et seulement à ce moment-là, FERONT véritablement la paix. Une fois tue la voix des canons et des bombes, reste le plus complexe à faire : conclure un accord entre les rivaux d’hier.

Le dernier mot toujours plus fort que la dernière balle de fusil…

 

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